Lettre de Sylvie à Flores – Novembre 2010

sylvie.jpg A Flores, novembre 2010

Nous étions six, André, Maryse, Christian, Marie Carmen, Jacques, Sylvie, venus de Saint Paul les Dax et Avignon, pour partager la vie de Teresita et de nos amis indiens de Flores.

decoration.jpgPrétexte à ce voyage: être aux côtés de Teresita à l’occasion de sa décoration par l’ambassadeur de France à Quito de la légion d’honneur.

         p1070887.jpg        p1070842.jpg        p1070769.jpg

Modeste délégation de SOL-I-FLORE, nous portions dans nos bagages, avec vêtements, médicaments, livres, photos, les messages des nombreux amis français de la Mission, leurs abondantes questions, leur fidèle solidarité surtout. 

« Cliquez sur les vignettes pour agrandir les photos ! « 

                p1070650.jpg          p1080250.jpg           p1070618.jpg

Comment dire l’émotion de nous sentir à ce point accueillis, la générosité, la tendresse, la joie de Teresita et de sa « famille nombreuse » de Volontaires sur trois générations. p1070640.jpg

Au fil des années, les liens se sont tissés, entrecroisés, chaque fois plus confiants, plus solides. Retrouvailles avec un pays magnifique, étonnant à plus d’un titre.

                          p1070786.jpg          p1070836.jpg      p1070889.jpg

Flores, au bout du bout du monde, enclavé, isolé, est maintenant traversé d’une large route qui relie Riobamba, capitale de la province du Chimborazo à Macas, en Amazonie. Une nouvelle voie est en construction qui monte de Flores jusqu’aux hautes terres de  Guantul (400Om). D’énormes engins de chantier ont découpé la montagne, même les bus Unidos se sont modernisés.

                               p1070667.jpg        p1070726.jpg           p1080306.jpg 

A la Mission, un téléphone satellitaire vient de faire son apparition. Merci les télécommunications. Nous en avions rêvé depuis tant d’années. D’immenses  changements ont bouleversé la vie du pays. Le gouvernement du président de la République Rafael Correa, en les rendant gratuits, a totalement modifié deux secteurs majeurs de la société équatorienne, la santé et l’éducation. Les soins à la portée de tous et l’enseignement gratuit jusqu’à l’université, ainsi qu’une aide sociale mensuelle de 35 $ pour les plus démunis, changent profondément la vie quotidienne des pauvres, devenus citoyens à part entière, ou en passe de le devenir. Inégalités et contradictions, divisions, racisme plus ou moins ouvert, sont bien sûr toujours à l’oeuvre, et l’angélisme n’est pas de mise.

                                      p1070866.jpg   p1070936.jpg    p1080026.jpg

Cependant, quelle joie quand le vieux Juanito, hospitalisé pendant deux semaines à Riobamba pour une pneumonie, peut rentrer chez lui en bonne santé et retrouver sa petite choza, son épouse, ses chiens, ses trois moutons et ses cochons d’inde.

Les différents examens ont permis de le soigner aussi d’une infection causée par une dent de sagesse. Une fois remis de ses émotions, il trouvera son toit d’éverite réparé par les dacquois…

                         p1080241.jpg         p1080230.jpg       p1080231.jpg

Les jeunes Volontaires ont bien grandi: ingénieurs agronomes, informaticiens, étudiants en marketing, certains ont fondé des familles, d’autres continuent d’étudier grâce au travail que leur procure le Centre de formation. Le programme éducatif du Centre met cette année la priorité sur deux axes. L’agriculture, avec quinoa, pommes de terre, fèves, maïs, oignons, haricots, luzerne, cultivés avec des engrais organiques, élevage de lapins, poules et cochons d’inde, une vache, nourrit en grande partie les volontaires.

                     p10800061.jpg             p1070796.jpg               p1070729.jpg

Plus de 80 élèves suivent des cours d’informatique, de l’initiation à la spécialisation. Cet enseignement se fait en relation avec le Collège à distance de Flores. Les autres disciplines – espagnol, histoire, culture générale, tissage traditionnel  - sont enseignées sous forme d’ateliers.

                                        p1070792.jpg                    p10801181.jpg 

Le docteur Romero qui soigne les indiens des communautés de Flores depuis près de 20 ans vient chaque lundi, à Guantul ou au Centre. Jacques Liégeois est resté à Flores pour former les Volontaires comme auxiliaires de santé, capables de faire des piqûres, aider les malades à suivre leur traitement, faire le lien en quichua avec les populations isolées. Avec sa longue expérience de médecin de famille, son sens de l’écoute, et son fidèle stéthoscope, il va jusqu’en décembre avec Edison, José, Darío ou Verónica, gravir et dévaler les versants andins.

                           p10708841.jpg           p1070915.jpg         p1070910.jpg

Pour notre petit groupe, les émotions ont commencé dès notre arrivée, avec la visite aux personnes âgées particulièrement démunies. Abandonnés de leurs familles définitivement parties à la migration, ces vieillards survivent dans le dénuement.

                                                 p1070857.jpg

Abris de fortune, absence de l’essentiel. Les jeunes vont à leur rencontre chaque mois, leur apportent des vivres, coupent l’herbe pour les animaux, scient le bois, nouant avec eux un lien très fort.

                     p1070920.jpg        p1070917.jpg           p1070873.jpg

Le temps d’une visite aux zones sinistrées par l’éruption du volcan Tungurahua, ponts détruits par des blocs de plusieurs tonnes de pierre, vision sinistre des maisons éventrées, des routes effondrées. Mais déjà les populations qui n’avaient pas où fuir, malgré le danger toujours présent d’une nouvelle éruption, ont replanté arbres fruitiers, cultivent le maïs, élèvent quelques animaux.

                                       p1070981.jpg                    p1080295.jpg

Dans le cratère du volcan Tullabuc (éteint), une minga – travaux collectifs – fauche  l’herbe et charge un gros camion. A l’arrière du van, la poussière recouvre uniformément les français intrépides, bientôt transformés en garagistes pour changer la roue hérissée de trois clous récoltés sur la route en travaux.

                           p1080276.jpg    p10800921.jpg     p1080294.jpg

Au Centre, nous partageons avec Volontaires et auxiliaires la bonne soupe de cuy, fèves, carottes et quinoa.

                              p1080243.jpg              p1080224.jpg

La vie des jours est passionnante. Nous aurons la joie de vivre avec nos amis un dimanche de soleil et de ferveur. Luchito, deux ans en janvier, fils de Martha et Edison, petit frère de Natalie, est baptisé à Cacha (4000m). Marie Carmen est la marraine, André le parrain. Cérémonie chantée en quichua par la communauté indienne de Cacha. Repas avec la famille sur la galerie du presbytère, charengos, guitare et chant, c’est José , Darío et leur professeur qui nous font la surprise de leur groupe de musique.

       p1080160.jpg           p1080162.jpg            p1080187.jpg      p1080179.jpg 

Enfin bien sûr, nous nous mettons en route pour Quito. Teresita et les Volontaires en voiture, les gringos en bus. Nous nous retrouvons à la résidence de M. l’ambassadeur de France. Emotion. Au beau discours de l’ambassadeur qui partage notamment avec Teresita son amour des Landes, Teresita répond par un texte très fort (que vous trouverez sur le site de SOLIFLORE). La médaille brille au revers de sa veste bleu marine. Chacun des sept Volontaires présents, très beaux dans leurs costumes traditionnels, va prendre posément la parole pour exprimer sa fierté du chemin parcouru, son amour pour Teresita, son désir de continuer d’avancer, illuminant peu à peu Teresita d’un sourire radieux. La cérémonie se poursuit dans une grande amitié autour d’un repas sous le soleil. Les rires fusent de la table officielle. Il est question d’un voyage à Flores depuis l’ambassade.

                     p1080341.jpg           teresita.jpg           p10803961.jpg

Bientôt les adieux. Jacques reste avec Teresita et les Volontaires. La voiture chargée de monde s’en va. Nous restons longtemps à leur faire des signes. La pluie tombe. Il faut rentrer.

                                       p1070986.jpg          p1070834.jpg

C’était un merveilleux voyage. Nous avons lors de profonds échanges avec les Volontaires maintenant regroupés et organisés dans l’association APROWALLAF mesuré combien ils avaient avancé dans leurs vies. Et malgré les incertitudes sur l’avenir, nous revenons confiants.

               p1070806.jpg    p1070816.jpg     p1080090.jpg     p1070825.jpg

Le texte complet en fichier joint :  Lettre de Sylvie à Flores - Novembre 2010 dans Lettres pdf floresnovembre2010.pdf

 


Répondre

partageonslaventure |
LE VIEUX MOULIN MORZINE |
Les Fermes Musées du Pays H... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | La pompe publique de BAILEUX
| emdars
| aide-soutien-développement