L’origine de Tiers-Monde…Equateur

C’est le 15 janvier 1978 que je foulais le sol équatorien .Arrivé à Quito, hébergé par la famille de mon épouse, le matin au déjeuner, je contemplais de la terrasse, le volcan Pinchincha .Soudain en me penchant pour voir les passants, je vis deux enfants qui se nourrissaient de nos déchets ménagers, jetés la veille à la poubelle. Un peu plus tard, un prêtre en soutane conduisant un Mercedes, klaxonna bruyamment et l’employée de maison, avec un petit tablier blanc, descendit les escaliers afin de lui ouvrir la porte du garage. Durant un mois, nous avons sillonné le pays, rencontré de nombreuses communautés indiennes, rendu visite à Victorino, Xavier, Frederico Teresita, (prêtres et religieux vivant au sein des communautés).

avignon0288.jpgDans ce pays l’Eglise est traditionnellement toute puissante. Comme vous l’avez deviné, toute action visant à aider les pauvres à prendre conscience d’eux-mêmes et se projeter dans un avenir meilleur ,est qualifiée parfois de subversive y compris par un certaine hiérarchie ecclésiastique locale .S’en suivent :insultes,menaces ,fausses dénonciations,arrestations,séquestrations, emprisonnement pouvant aller jusqu’à la mort .  Dès mon retour, avec Philippe, un chef scout, nous avons réalisé un diaporama. La sommes collectée, 5.000 francs en octobre 1978, permis de soutenir financièrement le premier foyer d’enfants, vivant sans soutien familial, dans les rues de Quito : « El galpon de los Muchachos ». Créé par Victorino, quelques années plustard, ce foyer fut pris en charge par l’Etat. Mais d’autres demandes arrivèrent par l’intermédiaire de Victorino, prêtre salésien qui travaillait dans le quartier populaire de la périphérie de Quito. 

C’est alors qu’émergea l’idée suivante : pourquoi l’écologie ne viendrait-elle pas au secours de l’humanitaire, l’écologie devenant ferment de libération et de développement ? 

La rencontre de ces deux volontés, avant le du tri sélectif sur les communes de Villeneuve lès Avignon et les Angles permit d’organiser mensuellement la collecte ; papier, journaux, carton, revues listing et verre .Mais bien vite, ce ne fut pas suffisant. Il a fallu démarcher avec succés, CAF, Banque de France, Services de la Cité Administrative, grandes entreprises etc.  .

Nous avons porté, déménagé, transporté, déchargé, rechargé mais aussi pesé, sur la bascule de MM Lombard récupérateur, des tonnes et des tonnes de papier, parfois à la lueur d’une lampe électrique, en hiver. En cela nous rejoignions nos amis indiens qui louaient et continuent de louer leurs dos, sur les marchés .Nous savions que pour 10kg de papier, la somme récupérée était l’équivalent d’un repas ! Les mini projets décuplèrent .Je vous renvoie à la plaquette de présentation. Nous avons diversifié les sources de financement :éditions des 20 h cyclistes suivies de celles des 20 km pédestres des Chartreux ,exposition à la Chartreuse de Villeneuve,Roquemaure et Fons,concerts,danses sacrée,lotos,vide greniers etc. 

1991 fut l’année de l’amertume et la tentation de l’abandon lorsque la déchetterie se mit en place aux Angles. 

Août 1993, je suis reparti avec mon frère Jo et un ami Pedro. Un soir avec le docteur Romero et Teresita, nous avons descendu, en urgence à l‘hôpital de Riobamba une femme enceinte accompagnée de son mari. Celui-ci par manque d’argent, n’avait pu le faire lui-même. Une personne du service hospitalier refusa que nous allongions la patiente sur un lit. Nous devions la laisser sur le sol .Le père refusa qu’on opère son épouse car elle ne pourrait plus travailler comme lui afin de subvenir aux besoin familiaux.Avec Teresita nous partons acheter, seringue et médicaments .Finalement la mère accouche d’un enfant mort né .

Teresita sort de la salle avec l’enfant enveloppé dans le poncho de sa mère. Le père souhaite qu’on le ramène avec l’enfant chez lui car l’achat d’un cercueil sur Riobamba est trop onéreux .Nous repartons avec le père portant l’enfant dans ses bras. En passant devant le nouvel hôpital, dans la lumière des phares du 4X4 nous lisons sur les murs : « Nouvel hôpital, sans eau, sans électricité » ! 

Au cours de ce voyage nous avons visité l’ensemble des réalisations soutenues par Tiers-Monde …Equateur .Ce fut l’occasion de réunions dans une ambiance fraternelle. Témoin le poncho rouge que nous a remis Manuel, poncho qui se trouvait à l’entrée du caveau .Témoins de leur réalité quotidienne, espoirs pour des jours meilleurs, nous sentions qu’il se jouait dans ce coin de
la Sierra, quelque chose d’important. A présent ces visages nous sont devenus familiers et illuminent les liens tissés par une volumineuse correspondance. 

En 2004, nous repartons avec Geneviève et Sylvie. Un matin, Manuel promoteur de santé, est heureux de nous annoncer que cette nuit il avait pratiqué son premier accouchement : un indien « sage femme », il faut le faire ! Chaque fois qu’on manifeste à une personne fragilisée, qu’elle est digne d’intérêt, celle-ci peut rebondir .

Il n’y a pas de développement extérieur sans développement intérieur.

Nous en avons été plusieurs fois témoins. Depuis 1978, plusieurs associations se sont montées autour de Centre de Formation de Flores : celles de Viennes, Lyon, Paris, Toulouse et Dax, sans oublier Geaunes, le village natal de Teresita. Aucune aide ne vient du pays, exceptée celle de l’évêché, pour Teresita soit 60 dollars mensuels. Il est vrai quel a fait vœux de pauvreté !  Pour fonctionner le centre a besoin mensuellement de 2.150 € .Cette somme répartie de la façon suivante : 

  • Financement du médecin, venant de Riobamba, 250 € 
  • Ramassage scolaire ,200 €  
  • Salaire des collaborateurs de Teresita variant de 80 à 250 € selon l’ancienneté et le temps passé. 
  • Le reste, pour la nourriture et les frais d’entretien du véhicule.

Depuis la création de Tiers-Monde Equateur nous avons envoyé annuellement, une moyenne de 3.638 € avec un pic de 6.860 € en 1993. Depuis les activités du centre ayant décuplé, inutile de vous dire que nous avons besoin de trouver plus de ressources, humaines et financières, pour les accompagner dans cette folle aventure.  

La 3ème semaine de novembre, dans le cadre de la Semaine de la Solidarité Internationale dans le Gard, nous avons organisé, au Forum des Angles, avec le soutien de la Maison de la Musique et de la municipalité, les PREMIERES CHORALIES D’AUTOMNE. 

Cellier des Chartreux 

Gérald Marini 

 

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